Formation en maternologie

Quelles sont tes news ?

Ça tombe super bien cette interview car je démarre cette semaine une formation en maternologie et je suis super excitée !

Mais … qu’est-ce que la maternologie ?

« La maternologie propose une démarche thérapeutique spécifique des difficultés maternelles plus souvent connues sous les termes de « baby blues », « dépression post-partum, « dépression maternelle, voire « psychose du post-partum ».

Elle est une discipline médico-psychologique répondant à des problématiques maternelles et parentales qui nécessitent une démarche clinique spécifique. Répondant à un problème majeur de santé publique, la maternologie contribue à la constitution du lien mère-enfant (…), elle réalise une prévention précoce efficace des maladies de la naissance psychique, des troubles du développement de l’enfant et des risques de maltraitance (…) La maternologie correspond notamment au domaine psychologique inhérent à l’obstétrique, la périnatalogie et la pédiatrie de l’enfant.

La pratique de la maternologie, qui s’effectue notamment dans le cadre des réseaux de périnatalité, s’adresse d’abord à la souffrance et aux difficultés maternelles pré ou postnatales présentes chez plus de 10 % des accouchées. » (Définition de l’Association Française de Maternologie)

Pourquoi tu as voulu faire cette formation ?

Les naissances de mes enfants ont été de véritables tsunamis, surtout le premier (!!!), car je n’avais jamais tenu un enfant dans mes bras.

Toute cette pression, cette responsabilité soudaine (si si même après une préparation de 9 mois) et la solitude à l’hôpital ont très fortement pesé sur mon moral et m’ont fragilisée… Et je n’évoque même pas la maltraitance subie à l’hôpital qui a aggravé mon mal-être :

  • agressivité « mais enfin il a faim votre bébé, faut le nourrir »,
  • ignorance en ne répondant pas à mes appels la nuit,
  • mépris « allez là il faut se lever hein » peu de temps après une césarienne en urgence,
  • manque total d’empathie « hé bien, il a chialé toute la nuit votre bébé »
  • et j’en passe…

Tout cela, alors que vous avez les nerfs en pelote, les hormones en folie et que la fatigue règne dans tout votre petit corps tout éprouvé…

Et cette solitude qui pèse la nuit… Être seule pour gérer ce petit être si fragile, alors qu’on n’est même pas remise de l’accouchement… Alors qu’on n’a même pas encore bien assimilé qu’on était devenu maman.

… Ne pas forcément comprendre pourquoi il pleure et paniquer au moindre geste, à la moindre respiration un peu trop longue à venir, au moindre signe qu’il a avalé de travers, à la moindre toux, … Du coup, je ne sais pas vous, mais moi, je n’ai pas dormi de toutes mes nuits là-bas !

Personnellement mes deux séjours à l’hôpital ont été une catastrophe. Et je voulais m’enfuir le plus rapidement possible !

Quant à mon homme, il n’a pas du tout compris ce que je traversais et n’était pas du tout préparé à … ça. Il ne comprenait pas forcément ma fatigue (ou plutôt à quel point je pouvais être fatiguée), le fait de me sentir d’ores-et-déjà si débordée, de ne pas forcément avoir envie de voir du monde, et, au final, que je me sente si mal alors que je venais de devenir maman et que c’était merveilleux !

Bon nombre d’émotions et de sentiments m’ont traversée et me traversent encore depuis que je suis maman. Et je vois chaque jour en consultation de nombreuses mamans ou futures mamans qui se mettent déjà tant de pression, alors que le bébé n’est même pas là, ou qui ont toujours peur de ne pas en faire assez … ou d’en faire trop sans toutefois savoir s’arrêter … Qui culpabilisent parce qu’elles n’ont pas ressenti ce lien dès le début avec leur enfant… Qui se sentent dépassées et se disent qu’elles ne sont pas fortes… Qui ont l’impression qu’elles ne comprendront jamais leur bébé…

Sachez Mesdames que vous n’êtes pas les seules, et vous n’êtes pas seules !

Et c’est pour ça que j’ai voulu faire cette formation !

Tellement de mamans ou futures mamans galèrent, très clairement, tout comme j’ai galéré au départ. Mais ça, personne n’en parle, personne ne nous le dit clairement. Dans mon parcours, les choses se sont rétablies assez vite et j’ai été très bien entourée, mais d’autres mamans subissent des maux plus graves et ont des blessures plus profondes, parfois indélébiles.

Agissons.

C’est quoi ton projet au juste ?

Ok Ok. J’y viens !

Une fois qu’on a planté le décor, que peut-on y faire ?

Il existe certains lieux de soins, dédiés à la maternologie, mais encore trop peu…

Donc, voici mon projet :

  • En prénatal, accompagner les futures mamans pour leur permettre d’avoir un espace de parole et leur donner quelques clés (cf. mes ateliers premiers pas).
  • En post-natal, faire une ou plusieurs visites, après l’accouchement, à l’hôpital, pour poursuivre l’accompagnement et être présente lorsque les mamans en ont le plus besoin.
  • Toujours en post-natal, continuer de suivre la maman, à son retour à la maison. Parce que l’accouchement et les premiers jours ne sont pas une fin en soi, « si on tient réellement compte de la période sensible maternelle (Rosine Debray), c’est avant 9 à 10 mois que le soin de la maternité psychique est le plus efficace » (Association Française de maternologie).

Du coup, on a tous un rôle à jouer dans cette prévention…Non ?

Bien sûr !! Et je compte sur vous pour :

1/ Faire connaître ce projet à tous les futurs parents !

2/ Créer, pour ceux étant dans le milieu médical et hospitalier, des collaborations avec les hôpitaux, cliniques, pour pouvoir visiter des mamans venant d’accoucher mais qui ne connaitraient pas ce concept de maternologie.

3/ Que chacun participe à ce que nous ne soyons plus seules dans cette aventure qu’est la maternité et plus largement, la parentalité.

 

Pour que vous, Mesdames, ne soyez plus seules.

Pour que le sujet ne soit plus tabou.

Pour que la prévention soit optimale.

Je compte sur vous.

 

Stéphanie Versepuy

 

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