Être parent, ça s’apprend !

Cela fait une quinzaine d’années que mon travail est d’analyser l’activité d’un métier et de donner des pistes d’action aux entreprises pour prévenir et limiter les risques psychosociaux et agir pour que ces derniers ne mènent pas à des troubles (ou agir en conséquence si c’est déjà le cas). De faire travailler ensemble des équipes et des managers pour avoir une visée, des valeurs communes, un sens du travail réfléchi et partagé collectivement. C’est ça qui fait la force d’une équipe (et le bien-être au travail) !

Et puis un jour je suis tombée enceinte, je suis devenue maman et je me suis dit :

  • « Pourquoi s’arrêter à l’entreprise ? »
  • « Est-ce qu’être parent n’est pas un métier à part entière ? »
  • « N’est-ce pas une somme de tâches à accomplir pour atteindre un objectif (le bien-être de son enfant) ? »

Alors certes, c’est un métier non rémunéré, où il faut être disponible 24/24 et 7/7.

Les collaborateurs sont totalement dépendants de nous au départ (arf, la pression !)

Puis, ils prennent peu à peu leur envol, affirment leur personnalité, leur choix, leur identité… Ils disent « non » (arf !) et de plus en plus souvent !

Les collaborateurs ne sont effectivement pas toujours coopératifs. Oui, ils se roulent parfois par terre en hurlant quand ils ne sont pas contents…

Ils ont aussi de temps à autre (ou tout le temps), d’autres priorités, voire des objectifs contradictoires au nôtre (finir son château de 246 pièces en lego alors qu’il faut partir pour l’école…).

En même temps, ils ont un cerveau immature alors… On ne peut pas leur en vouloir (encore faut-il le savoir !).

D’autant plus que nous ne sommes pas forcément seul à prendre les décisions. Et là, ça peut se compliquer encore davantage… On a notre binôme sur le projet, on s’est toujours bien entendu, on est ok sur le principe au départ et là, quand on se retrouve dans le vif du sujet, on n’est plus d’accord sur rien (et en plus il est devenu super relou) !

Bien oui, ce petit être arrive dans vos vies et grandit, s’affirme et se transforme (mais où est passé mon petit bébé qui souriait tout le temps et gazouillait ???!!!) …

Et là, les premiers désaccords commencent :

  • « Mais non tu te fais marcher dessus !
  • Tu es trop laxiste !
  • Je te trouve trop sévère avec lui, il n’a que 3 ans !
  • Laisse-le pleurer, sinon il va faire ça tous les soirs…
  • Laisse-le à table jusqu’à ce qu’il ait fini son assiette…
  • C’est pas toi qui décide, c’est moi !
  • Cet enfant n’écoute rien, il se fiche de nous ! »

En permanence, on doit s’ajuster, changer, évoluer, tout en suivant le parcours et l’évolution des compétences de nos collaborateurs (et de notre binôme aussi). Un truc qui marchait à un moment donné ne marchera pas toujours… (mince, on pensait que c’était réglé !).

Au quotidien, on doit trouver en nous la force, l’énergie et le courage de trouver les mots, d’accompagner, d’accueillir et de guider… Et puis garder des forces pour tellement d’autres choses…

Son autre travail (oui oui, il y en a un second parfois, qui nous permet de gagner des vrais sous pour le coup – oui, c’est con, le travail de parent à temps plein n’est toujours pas rémunéré depuis le début de cet article), son conjoint (qui veut avoir sa place de conjoint ET de parent à part entière !), sa famille (sans oublier d’aller voir mamie tous les we), ses copains ou copines (pour éviter les ‘bah alors on te voit plus depuis que tu es parent’ et vlan dans ta tronche), pour soi-même aussi : tout ce qui nous anime, nous fait plaisir, nous donne un regain d’énergie (c’est en général ce qui passe à la trappe, ah mince alors, parce que c’est ce qui pourrait justement nous booster !)

Et forcément, tout ça, c’est fatiguant.

La différence avec le travail, c’est que ces collaborateurs et ce binôme (si binôme il y a), on les aime, d’un amour inqualifiable. Mais qu’est-ce qu’ils nous tapent sur les nerfs parfois !

Et c’est justement pour ça, par ce côté émotionnel, que c’est encore plus difficile 😉

Bon alors ok, c’est bien joli tout ça me direz-vous, mais que faire alors ?

Et bien, plutôt que d’avancer au jour le jour, tête baissé, si nous analysions la situation ?

Plutôt que de se sentir coupable de punir ou de crier, de se sentir mauvais parent, si nous nous recentrions sur nous-mêmes ? Si nous parvenions à prioriser les choses ? A voir les situations sous un angle nouveau ?

Plutôt que de rester sur des principes éducatifs qui ont été les nôtres jadis, pourquoi ne pas agir en adéquation avec nos valeurs ?

Pour cela, j’ai imaginé une méthode efficace qui a fait ses preuves : plutôt que de vous donner des principes ou outils communs, sans savoir vraiment ce qui se passe chez vous, qui vous êtes vous, votre couple et votre enfant, j’analyse votre situation comme j’analyserais une situation de travail, sans jugement, en toute bienveillance.

Pour cela 3 étapes :

  1. Une rencontre à mon cabinet ou à votre domicile, seul, en couple ou en famille, pour que vous m’exposiez la situation et vos besoins.
  2. Une session à votre domicile, à un moment que vous jugerez opportun, pour que je vois comment les choses se déroulent. En entreprise, on appelle ça une observation des situations de travail. C’est un outil très puissant qui permet de visualiser les éléments aidants et ceux qui bloquent, sans être dans le jugement de la personne, bien entendu. L’objectif, gardons le en tête, est de vous aider à évoluer !
  3. Un entretien bilan, où je vous présente mes constats et un plan d’action adapté à votre situation, à vous-mêmes (et vos valeurs !) et à vos enfants !

Message important à noter :

  • Je ne me substitue pas à vous, parent. C’est vous le cap’taine ! Ce ne serait pas vous rendre service que d’agir en ce sens. Je vous guide pour que vous trouviez VOTRE fonctionnement, celui qui VOUS ressemble et qui semble correspondre à ce que VOUS êtes, à VOS valeurs et à VOTRE enfant.

Contactez-moi pour en savoir plus :

Stéphanie Versepuy
Psychologue, coach et thérapeute conjugale & familiale
s.versepuy@gmail.com
06 13 06 43 80
(et puis maman de 2 jeunes enfants bien énergiques donc je compatis hein…)

PS : Non, non et non, ce n’est pas comme Super Nanny… 😉

Formation en maternologie

Quelles sont tes news ?

Ça tombe super bien cette interview car je démarre cette semaine une formation en maternologie et je suis super excitée !

Mais … qu’est-ce que la maternologie ?

« La maternologie propose une démarche thérapeutique spécifique des difficultés maternelles plus souvent connues sous les termes de « baby blues », « dépression post-partum, « dépression maternelle, voire « psychose du post-partum ».

Elle est une discipline médico-psychologique répondant à des problématiques maternelles et parentales qui nécessitent une démarche clinique spécifique. Répondant à un problème majeur de santé publique, la maternologie contribue à la constitution du lien mère-enfant (…), elle réalise une prévention précoce efficace des maladies de la naissance psychique, des troubles du développement de l’enfant et des risques de maltraitance (…) La maternologie correspond notamment au domaine psychologique inhérent à l’obstétrique, la périnatalogie et la pédiatrie de l’enfant.

La pratique de la maternologie, qui s’effectue notamment dans le cadre des réseaux de périnatalité, s’adresse d’abord à la souffrance et aux difficultés maternelles pré ou postnatales présentes chez plus de 10 % des accouchées. » (Définition de l’Association Française de Maternologie)

Pourquoi tu as voulu faire cette formation ?

Les naissances de mes enfants ont été de véritables tsunamis, surtout le premier (!!!), car je n’avais jamais tenu un enfant dans mes bras.

Toute cette pression, cette responsabilité soudaine (si si même après une préparation de 9 mois) et la solitude à l’hôpital ont très fortement pesé sur mon moral et m’ont fragilisée… Et je n’évoque même pas la maltraitance subie à l’hôpital qui a aggravé mon mal-être :

  • agressivité « mais enfin il a faim votre bébé, faut le nourrir »,
  • ignorance en ne répondant pas à mes appels la nuit,
  • mépris « allez là il faut se lever hein » peu de temps après une césarienne en urgence,
  • manque total d’empathie « hé bien, il a chialé toute la nuit votre bébé »
  • et j’en passe…

Tout cela, alors que vous avez les nerfs en pelote, les hormones en folie et que la fatigue règne dans tout votre petit corps tout éprouvé…

Et cette solitude qui pèse la nuit… Être seule pour gérer ce petit être si fragile, alors qu’on n’est même pas remise de l’accouchement… Alors qu’on n’a même pas encore bien assimilé qu’on était devenu maman.

… Ne pas forcément comprendre pourquoi il pleure et paniquer au moindre geste, à la moindre respiration un peu trop longue à venir, au moindre signe qu’il a avalé de travers, à la moindre toux, … Du coup, je ne sais pas vous, mais moi, je n’ai pas dormi de toutes mes nuits là-bas !

Personnellement mes deux séjours à l’hôpital ont été une catastrophe. Et je voulais m’enfuir le plus rapidement possible !

Quant à mon homme, il n’a pas du tout compris ce que je traversais et n’était pas du tout préparé à … ça. Il ne comprenait pas forcément ma fatigue (ou plutôt à quel point je pouvais être fatiguée), le fait de me sentir d’ores-et-déjà si débordée, de ne pas forcément avoir envie de voir du monde, et, au final, que je me sente si mal alors que je venais de devenir maman et que c’était merveilleux !

Bon nombre d’émotions et de sentiments m’ont traversée et me traversent encore depuis que je suis maman. Et je vois chaque jour en consultation de nombreuses mamans ou futures mamans qui se mettent déjà tant de pression, alors que le bébé n’est même pas là, ou qui ont toujours peur de ne pas en faire assez … ou d’en faire trop sans toutefois savoir s’arrêter … Qui culpabilisent parce qu’elles n’ont pas ressenti ce lien dès le début avec leur enfant… Qui se sentent dépassées et se disent qu’elles ne sont pas fortes… Qui ont l’impression qu’elles ne comprendront jamais leur bébé…

Sachez Mesdames que vous n’êtes pas les seules, et vous n’êtes pas seules !

Et c’est pour ça que j’ai voulu faire cette formation !

Tellement de mamans ou futures mamans galèrent, très clairement, tout comme j’ai galéré au départ. Mais ça, personne n’en parle, personne ne nous le dit clairement. Dans mon parcours, les choses se sont rétablies assez vite et j’ai été très bien entourée, mais d’autres mamans subissent des maux plus graves et ont des blessures plus profondes, parfois indélébiles.

Agissons.

C’est quoi ton projet au juste ?

Ok Ok. J’y viens !

Une fois qu’on a planté le décor, que peut-on y faire ?

Il existe certains lieux de soins, dédiés à la maternologie, mais encore trop peu…

Donc, voici mon projet :

  • En prénatal, accompagner les futures mamans pour leur permettre d’avoir un espace de parole et leur donner quelques clés (cf. mes ateliers premiers pas).
  • En post-natal, faire une ou plusieurs visites, après l’accouchement, à l’hôpital, pour poursuivre l’accompagnement et être présente lorsque les mamans en ont le plus besoin.
  • Toujours en post-natal, continuer de suivre la maman, à son retour à la maison. Parce que l’accouchement et les premiers jours ne sont pas une fin en soi, « si on tient réellement compte de la période sensible maternelle (Rosine Debray), c’est avant 9 à 10 mois que le soin de la maternité psychique est le plus efficace » (Association Française de maternologie).

Du coup, on a tous un rôle à jouer dans cette prévention…Non ?

Bien sûr !! Et je compte sur vous pour :

1/ Faire connaître ce projet à tous les futurs parents !

2/ Créer, pour ceux étant dans le milieu médical et hospitalier, des collaborations avec les hôpitaux, cliniques, pour pouvoir visiter des mamans venant d’accoucher mais qui ne connaitraient pas ce concept de maternologie.

3/ Que chacun participe à ce que nous ne soyons plus seules dans cette aventure qu’est la maternité et plus largement, la parentalité.

 

Pour que vous, Mesdames, ne soyez plus seules.

Pour que le sujet ne soit plus tabou.

Pour que la prévention soit optimale.

Je compte sur vous.

 

Stéphanie Versepuy